Posted by - Twim’O !
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Le monde construit chaque jour « environ 12,7 millions de mètres carrés de surface de plancher », selon un rapport publié il y a quelques jours par le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP). Cette expansion est principalement alimentée par la construction de logements dans les économies émergentes, notamment en Inde et dans les pays d’Asie du Sud-Est.
« Le monde construit vite, mais reste à la traîne » face aux exigences climatiques, alerte Hanane Hafraoui, chargé de mission bâtiment à l’UNEP.
L’empreinte environnementale du secteur reste considérable. Le bâtiment et la construction sont responsables de 37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre lorsque sont comptabilisées les émissions générées pendant l’utilisation des bâtiments. Ils représentent également près de 50 % de l’extraction mondiale de matériaux et 28 % de la consommation mondiale d’énergie, détaille l’UNEP.
Les émissions produites pendant l’utilisation des bâtiments sont estimées à 9,9 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 9,9 GtCO2. Elles ont augmenté de 1 % en un an, « suivant la tendance de la décennie écoulée », selon les Nations unies.
Depuis 2015, ces émissions ont progressé de 6,5 %, tandis que la consommation d’énergie consacrée au chauffage, à l’éclairage et à la climatisation a augmenté de 11 %.
La construction repose par ailleurs sur des matériaux dont la fabrication génère d’importantes émissions. Le ciment, l’acier et l’aluminium employés dans les bâtiments ont représenté à eux seuls 9 % des émissions mondiales en 2024. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), leurs émissions demeurent relativement stables au fil des années, autour de 2,1 GtCO2.
Les Nations unies constatent que, depuis 2020, « les progrès ont ralenti, la transition verte ne s’étant pas maintenue au rythme de la construction ».
« Alors que des solutions existent, elles ne sont pas encore déployées à la vitesse et avec l’ampleur nécessaire », a souligné Martin Krause, directeur de la division changement climatique de l’UNEP.
Pour inverser cette tendance, le rapport appelle à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments existants, à renforcer l’efficacité énergétique et à privilégier davantage les solutions constructives bas carbone.
« Il faut accélérer significativement les rénovations d’ampleur des bâtiments existants, (...) utiliser la commande publique de façon beaucoup plus stratégique » en faveur « des solutions bas carbone » et « réduire la consommation d’énergie par mètre carré » d’au moins 25 % d’ici 2030, estime Hanane Hafraoui, chargé de mission bâtiment à l’UNEP.
Le rapport estime que 3.600 milliards de dollars supplémentaires devront être investis dans l’efficacité énergétique des bâtiments d’ici 2030 afin de rester sur une trajectoire compatible avec la neutralité carbone en 2050.
Cette somme porterait à 5.900 milliards de dollars le montant cumulé des investissements réalisés depuis 2015, dont 2.300 milliards avaient déjà été engagés à la fin de l’année 2024.
Image d'illustration de l'article via Depositphotos.com.